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Plastiques : des matériaux durables pour un avenir durable

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Les matières plastiques sont des matériaux essentiels pour atteindre les objectifs de développement durable. Lorsqu'ils sont utilisés efficacement, ils constituent des ressources précieuses pour stimuler l'économie circulaire.

Au début du XXe siècle le professeur belge Leo Baekeland  marque une avancée révolutionnaire par la mise au point de la Bakélite. Premier polymère synthétique (plastique) digne de ce nom, il s’avère être une excellente alternative à une foule de matières premières naturelles. Il est mis en œuvre dans un large éventail d’objets courants tels que meubles, interrupteurs ou appareils photo. Ce matériau moderne joue ainsi un rôle déterminant dans l’écriture, dans le développement des technologies de la communication, du téléphone, de la radio et de la télévision.

La bakélite, le premier véritable plastique, s'est révélée être une excellente alternative à diverses matières premières naturelles et a été utilisée dans de nombreux ustensiles de la vie quotidienne

Polyvalent et abordable

Dans les années de la reconstruction d’après-guerre et des golden sixties, les plastiques sont adoptés par tous. De nouvelles matières synthétiques comme le nylon entrent dans la fabrication des textiles, des tables, des chaises ou des seaux. Grâce aux plastiques, la qualité sonore des disques gramophones s’améliore. Les enfants découvrent de nouveaux jouets.

Légers, ignifuges, inrayables ou isolants, chaque plastique présente des propriétés spécifiques. Cette polyvalence de la famille des plastiques en fait le substitut idéal des matériaux naturels mis sous pression par l’essor économique et social rapide de la classe moyenne.

La mise en œuvre de matières plastiques évite aussi l’utilisation de matériaux rares ou dangereux. Par exemple, les boules de billard en ivoire cèdent la place à une alternative en plastique. Et la nocivité des canalisations en plomb pour la santé humaine est évitée par la mise au point de tuyaux en polymères.

Découvrez la vision de Saskia Walraedt, directrice d'essenscia PolyMatters

Le revers de la médaille

Ces nombreux avantages se traduisent par une explosion de la demande, une augmentation de la production et de l’utilisation des plastiques depuis les 50 dernières années. La Belgique est devenue un des principaux acteurs du secteur des matières plastiques pour la production et la transformation de polymères en objets et matériaux plastiques finis.

La croissance économique soutenue de la seconde moitié du siècle dernier connaît cependant au moins un revers. La croissance a engendré des problèmes écologiques dont la raréfaction des matières premières ou l’accumulation de déchets. Dès les années 70, la prise de conscience a conduit, en Europe, à développer des législations strictes en matière d’environnement et de déchets, interprétées de manière diverse par les états membres.

Sector Initiative

DETIC s’engage d’ici 2025 à l’utilisation d’au moins 20% de plastiques recyclés dans les emballages des détergents

Du déchet à la matière première

Les citoyens ont raison de s’indigner des détritus et des amas de plastique dans les océans. Les plastiques n’ont pas vocation à finir leur vie dans la nature sous la forme de déchets. Ils sont trop précieux. Il convient de les collecter et de les recycler. Longtemps, il a été plus facile d’en fabriquer de nouveaux que de réutiliser les anciens. Ce temps est révolu. Les plastiques recyclés sont une matière première utile à l’origine d’un nouveau cycle d’utilisation.

Une partie de la solution

Les matières plastiques sont des matériaux aux propriétés exceptionnelles qui améliorent notre qualité de vie et la durabilité de la société.

Le plus grand défi consiste à prendre conscience du fait que les plastiques ne sont pas la cause du problème, mais une partie de la solution. Ce sont des matériaux aux propriétés exceptionnelles qui améliorent notre qualité de vie. Sans le plastique utilisé dans les réfrigérateurs, les matelas, les matériaux de construction, les smartphones, les chaussures de sport, les pneus de voiture, etc., notre confort moderne serait tout simplement ni concevable, ni abordable.

Il ne faut plus considérer le plastique comme un déchet ou un problème dont il convient de se débarrasser, mais plutôt comme une matière première précieuse à traiter avec soin et à ne pas abandonner dans la nature. L’évidence nous impose aussi de considérer le plastique comme un matériau d’avenir. Sans des plastiques réutilisables de haute qualité, le développement durable de l’humanité du XXIe siècle et l’atteinte des objectifs de développement durable des Nations Unies est impossible. 

Un rôle capital pour relever le défi climatique

Notre société fait face à de nombreux défis : changements climatiques accompagnés de périodes de sécheresse exceptionnelle ou d’inondations plus fréquentes, essor démographique mondial et ses corollaires (demande accrue pour des logements confortables, mobilité économe en énergie, alimentation de qualité et soins de santé accessibles). Dans tous ces défis, les plastiques ont un rôle déterminant à jouer.

Le transport et le chauffage des bâtiments sont deux grandes sources d’émissions de CO2. En Europe, il est urgent de rénover et d’isoler davantage les bâtiments existants pour les rendre plus économes en énergie. Les plastiques isolants sont parfaitement adaptés à la rénovation ou à la construction de bâtiments neufs climatiquement neutres.

Au cours des dernières décennies, en substituant l’acier par des plastiques légers, le secteur des transports est parvenu à réduire considérablement la consommation de carburant, sans faire de compromis sur la solidité ou la sécurité. Face au poids des batteries des voitures électriques, les constructeurs automobiles doivent avoir recours à ces matières plastiques à la fois résistantes, légères et offrant au moins le même niveau de sécurité ou de confort.

Énergies et eau

Les plastiques jouent un rôle fondamental dans les stratégies de transition vers les énergies renouvelables. Les plastiques composites dans les pales d’éoliennes améliorent leur productivité et leurs résistances. Les films et les cellules photovoltaïques des panneaux solaires sont eux aussi fabriqués avec plastique à hautes performances.

Pour l’approvisionnement vital en eau potable, les tuyaux et les canalisations en plastique sont faciles à mettre en œuvre et réduisent considérablement tout risque de fuites. Pour mieux faire face aux périodes de sécheresse ou d’inondation, l’aménagement de bassins d’orage, de systèmes d’infiltration et de toitures végétalisées repose sur l’utilisation de plastiques permettant la rétention efficace de l’eau. Grâce à l’accumulation et au stockage local de l’eau de pluie, le réseau d’égouttage est moins saturé et l’eau peut mieux s’infiltrer dans les sols.

Une meilleure santé, moins de déchets

Tout hôpital moderne est fortement dépendant des plastiques de tout type : lits plus légers, équipements médicaux, emballages stériles des médicaments et des vaccins, vêtements de protection pour chirurgiens ou gants pour une hygiène accrue, etc. Dans le domaine des soins de santé, les plastiques sont souvent indispensables pour sauver des vies et pour garantir un niveau de sécurité sanitaire toujours plus exigeant.

Les matières plastiques sont aussi à la base de matériaux d’emballage durable pour aliments et boissons. Les fruits, les légumes, la viande ou le poisson frais se conservent et se préservent plus longtemps, ce qui évite le gaspillage de nourriture, une des principales sources de surexploitation des ressources. Ces emballages participent à la sécurité alimentaire de la ferme à la table. Contrairement à une idée reçue, l’empreinte écologique de l’aliment proprement dit est généralement beaucoup plus importante que celle de son emballage.

Déficit d'image

Sector Initiative

Borealis, partenaire fondateur du Projet STOP

Malgré les avantages incontestables, cette famille de matériaux souffre d’un déficit d’image en raison de l’impact environnemental des déchets et des « continents » de plastique. Il faut attaquer cette problématique complexe des déchets à la source. Cela passe par une évolution dans l’organisation des sociétés, au niveau individuel ou collectif, et, entre autres, le développement de systèmes de collecte performants et des capacités suffisantes de recyclage, dans tous les pays d’Europe, sur le modèle belge, et dans le monde entier.

90%

Pourcentage des "continents" de plastique qui proviendrait de 10 fleuves, dont 8 en Asie et 2 en Afrique.

90 % de la masse des « continents » de plastique proviendrait de 10 fleuves, dont 8 en Asie et 2 en Afrique. Pour des raisons diverses de développement ou d’instabilité politique, les déchets d’au moins 2 milliards d’individus ne sont ni collectés ni recyclés. De manière générale, la collecte mène principalement à la décharge, à ciel ouvert, avec une faible valorisation de son contenu. La plus grande priorité est donc de mettre en place une gestion des déchets efficace et adaptées dans ces régions par, entre autres, la promotion d’une politique mondiale zero-plastics-to-landfill interdisant la mise en décharge des déchets plastiques.  

Mieux recycler

La problématique des déchets reste aussi l’affaire des pays occidentaux. Dans certains pays d’Europe, ils sont encore mis en décharge technique au lieu d’être recyclés, et ce, en dépit des intentions des directives européennes en la matière ou du potentiel de valorisation des matériaux recyclés. Toutefois en 2016, en Europe, les déchets d’emballages plastiques ont été plus recyclés que mis en décharge.

Dans notre pays, un vaste système de collecte sélective des déchets est garant d’un taux de recyclage relativement élevé. Pourtant, les abords de routes sont encore et toujours jonchés de détritus. Nous devons, nous aussi, redoubler d’efforts pour lutter contre ces incivilités. Un taux de recyclage encore supérieur est indispensable pour garantir un approvisionnement suffisant en matériaux recyclés de qualité.

En prenant en considération l'empreinte écologique au cours de toutes les étapes du cycle de vie d'un matériau, les plastiques obtiennent souvent les meilleurs scores.

Une législation stricte sur les produits garantit la sécurité des plastiques pour l’homme, les animaux et l’environnement. Le défi consiste désormais à éviter que ces plastiques finissent dans la nature et à veiller à ce qu’ils soient valorisés à nouveau en plastiques. En prenant en considération l’empreinte écologique au cours de toutes les étapes du cycle de vie d’un matériau, de la production au transport, les plastiques obtiennent souvent les meilleurs scores.

Le moteur de l'économie circulaire

10 millions de tonnes

Quantité annuelle de plastiques recyclés que la Commission européenne ambitionne de réutiliser dans de nouveaux produits

Pour favoriser l’émergence d’une économie circulaire en Europe, il faut, dans la mesure du possible, conserver les matières premières à l’intérieur des frontières européennes afin d’y être réutilisées. À cette fin, la Commission Européenne a adopté une ambitieuse stratégie sur les matières plastiques en appelant l’industrie à s’engager et à valoriser annuellement 10 millions de tonnes de plastiques recyclés.

Le secteur belge des matières plastiques a été l’un des premiers en Europe à rejoindre la plate-forme numérique MORE (MOnitoring Recyclates for Europe). Les transformateurs de plastique peuvent y communiquer la quantité de matières recyclées valorisées dans leurs processus de production. En sa qualité de fédération sectorielle, essenscia a aussi rejoint la Circular Plastics Alliance (Alliance circulaire sur les matières plastiques), un engagement volontaire pour valoriser davantage les plastiques recyclés comme moteur de l’économie circulaire en Europe.

Recyclage chimique

Sector Initiative

Borealis, P&G et BASF collaborent à une technologie de tri révolutionnaire: cap sur l’économie circulaire grâce au projet HolyGrail

Les matières plastiques sont un maillon essentiel de la nécessaire transition d’une économie linéaire vers une économie circulaire. Cependant, la démarche appelle une transformation radicale, de la conception à la réutilisation. Il convient d’intégrer le recyclage dès la conception du produit, ce qui entraine de nouveaux modèles de coopération intersectorielle. Il faut aussi inscrire ces intentions circulaires dans la législation, les normes et les prescriptions et disposer d’une industrie du recyclage rentable à l’échelon régional.

Transformer l’ancienne approche linéaire de l’économie dans un modèle d’économie circulaire nécessitera également d’autres types d’investissement. Soucieux d’optimiser la circularité des plastiques, le secteur mise sur l’innovation nécessaire en matière de recyclage, en complément des techniques existantes de recyclage mécanique.

La forte concentration d'entreprises chimiques, d'instituts de recherche et de centres de tri est un atout pour prendre l'initiative du recyclage chimique et soutenir l'industrie chimique circulaire.

Sector Initiative

INEOS Styrolution et Indaver font équipe pour rendre la production de polystyrène circulaire

Le recyclage chimique, quant à lui, est capable de décomposer les matières plastiques jusqu’au niveau moléculaire afin de produire des matières premières réutilisables pour l’ensemble du secteur de la chimie, y compris la fabrication de nouveaux polymères. Pour la Belgique, la forte concentration d’entreprises chimiques, d’instituts de recherche et de centres de tri est un atout pour prendre l’initiative du recyclage chimique et soutenir l’industrie chimique circulaire.

Matériaux pour un avenir durable

Sector Initiative

Des collaborations dans la chaîne de valeur pour aboutir à l’économie circulaire

Les matières plastiques de demain sont un élément fondamental de la société circulaire que nous bâtissons ensemble. En s’attelant avec détermination à la problématique de la collecte des déchets et du recyclage, les acteurs publics et privés, ensemble, peuvent transformer la valeur des matières plastiques en matériaux précieux qui ne sont plus gaspillés mais valorisés pour construire une société durable.

Défis majeurs

  1. Soutenir les organisations et les initiatives qui préviennent efficacement la perte de matières plastiques dans l’environnement.
  2. Plaider en faveur d’une tolérance zéro à l’échelle mondiale pour la mise en décharge des déchets plastiques afin de parvenir à récupérer à 100 % les matières plastiques.
  3. Investir dans la collecte, le tri et le recyclage à l’échelle mondiale pour intégrer pleinement les matières plastiques au sein d’une économie circulaire.
  4. Innover pour la conception de produits circulaires et améliorer les techniques de recyclage, notamment en développant le recyclage chimique à grande échelle en complément du recyclage mécanique.
  5. Expliquer que les matières plastiques, grâce à un large éventail d’applications durables, apportent une réelle contribution pour atteindre les objectifs de développement durable en aidant à économiser l’eau et l’énergie, à sauver des vies et à prévenir le gaspillage alimentaire.

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